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Madeleine était en entrevue avec Vanessa Limage à Ça vaut le retour lundi le 15 décembre pour discuter d'un projet qui nous tient à coeur.
Grâce à un financement des
Banques alimentaires du Québec, ces carottes ont pu nous être payées en partie, afin qu’au minimum nous puissions rembourser nos frais variables associés à leurs productions. La balance des frais fixes et notre faible marge sur cette culture, nous l’offrons en dons avec grand plaisir.
Lorsqu’on est agriculteur(trice), nous avons nous-mêmes très peu de revenus. La seule chose qui fait en sorte que nous ne demandons pas une aide alimentaire, c’est que très souvent, notre salaire sur la ferme, c’est la nourriture que nous cultivons et mangeons. Nous avons cette chance, que nos enfants auront toujours à manger. Mais ce n’est pas avec des légumes dans une chambre froide, qu’on peut se vêtir, se loger ou se chauffer. Il faut les vendre pour arriver à en vivre. Et à un prix juste et équitable.
Nourrir son monde, via l’agriculture locale, c’est ce qu’on appelle faire une pierre deux coups. C’est aider sur deux fronts : nourrir pour de vrai, avec des aliments sains, nutritifs, éthiques et écologiques, tout en pérennisant l’économie locale, qui influence directement le nombre de personnes ayant besoin d’une aide alimentaire.
Au départ, ce n’était pour nous qu’un petit projet pilote, élaboré il y a plusieurs mois, via la Table d’action pour un Témiscamingue nourricier. On s’est assis avec le Regroupement d’entraide sociale du Témiscamingue et on s’est demandé comment on pouvait garder sur le territoire un peu du budget qu’ils ont pour acheter des aliments dans les paniers de Noël.
Mais c’est avec des petits projets comme celui-ci, qu’on participe à générer une vision nourricière. Imaginez ce qui pourrait se réaliser au Québec, si les banques alimentaires avaient davantage accès à du financement, qu’elles devaient obligatoirement dépenser localement.